Certains morts guanches sont encore assez entiers pour qu'on voie la peau et, dans quelques cas, les cheveux. Ce sont des personnes qui vivaient à Tenerife avant la conquête castillane. La conservation est réelle. Ce qui s'est passé après l'ouverture des grottes est la partie qui n'est pas finie.
Tous les corps n'ont pas été préparés de la même façon
Le lieu habituel était une grotte, souvent près des habitations et souvent difficile d'accès. Certains corps ont simplement séché parce que la grotte était sèche et stable. D'autres ont été préparés exprès. Ce travail s'appelle mirlado. Les chroniques le situent à environ deux semaines. Le corps était lavé. On pouvait appliquer de la graisse animale et des substances végétales ou minérales. Le séchage faisait l'essentiel : soleil, air et, comme le décrivent les chercheurs du musée, peut-être la fumée et la chaleur des feux. À la fin, le corps était enveloppé de peaux, en général de chèvre ou de mouton, parfois cousues en un ballot. Les récits anciens disent que le nombre ou la qualité des peaux pouvait marquer le rang. Cette partie se discute encore.
Les auteurs européens anciens ont aussi dit que les embaumeurs retiraient les organes, et parfois le cerveau, comme on comprenait en Europe la pratique égyptienne. Les scanners des corps qui restent n'ont pas montré cela comme une étape habituelle. Chez certains, les organes sont encore là. La conservation venait du séchage et de l'enveloppe, pas du vidage du torse.
Les grottes ont été vidées
Après la conquête, un corps conservé était une curiosité. Les collectionneurs en voulaient un. Une momie pouvait être un cadeau. Une autre entrait dans un cabinet privé. Presque personne n'écrivait de quelle grotte elle venait. Le MUNA, le musée de Santa Cruz, décrit un long prélèvement. Des corps sont arrivés dans la péninsule Ibérique, en France, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Russie, au Canada, aux États-Unis et en Argentine, et le musée en connaît d'autres qu'il ne peut plus situer. En 2022, il a ouvert une salle sur cet exode. Parmi les corps dispersés qu'il a pu documenter, cinq étaient revenus.
L'homme du Barranco de Erques
La grotte que tout le monde nomme encore est dans le Barranco de Herques, aussi appelé Erques, entre Güímar et Fasnia. Les rapports du XVIIIe siècle parlent d'un très grand nombre de corps conservés. Un récit est devenu une grotte de mille momies. Ce chiffre est une histoire. La grotte a été vidée, donc un décompte moderne n'existe pas.
Un homme de cette grotte a été choisi parce qu'il était exceptionnellement complet. Il a été offert au roi Charles III, et en 1776 il était au Real Gabinete de Historia Natural de Madrid. C'est un adulte d'environ 1,62 mètre, mort entre 35 et 40 ans environ. Une étude le date entre 1154 et 1260. Les cheveux et les dents restent. Il n'a pas été éviscéré. Depuis 2015, il était exposé au Museo Arqueológico Nacional. En février 2025, les musées d'État espagnols ont retiré les restes humains de l'exposition publique, et il a été mis en réserve. Le Cabildo de Tenerife le réclame, sans cesse, depuis 1976. Le MUNA montre une réplique. L'homme est encore à Madrid.
Cinq sont revenus
Deux corps d'une collection privée liée à Tacoronte ont été vendus au XIXe siècle et ont abouti au musée d'histoire naturelle de Necochea, en Argentine. Ils sont rentrés le 2 septembre 2003 : une femme d'environ 20 à 24 ans et un homme d'environ 25 à 29 ans. C'était le premier retour de corps guanches depuis l'étranger.
Trois autres avaient traversé des collections espagnoles et étaient arrivés au musée médico-légal de l'Universidad Complutense de Madrid. Un accord signé le 4 novembre 2009 les a ramenés en février 2011. La fiche du musée décrit une femme de 25 à 29 ans qui avait perdu de son vivant les dents du haut, un homme de 30 à 34 ans qui garde des traces de barbe et un peu de la membrane autour du cœur, et une autre femme de 25 à 29 ans dont le torse garde encore des organes. Cette troisième conservation paraît naturelle, pas préparée. Ils sont incomplets. Ce sont aussi des personnes précises, pas un type.
Un enfant du Barranco del Infierno
Le MUNA conserve aussi un enfant du Barranco del Infierno, à Adeje, daté entre 1264 et 1401. La fiche du musée donne un âge de sept ou huit ans, et le sexe comme possiblement masculin. Le corps était enveloppé de peaux de chèvre, le poil vers l'intérieur par endroits, la tête couverte, les jambes enveloppées séparément. Le squelette est complet. Une partie des yeux et du nez reste. Il n'y a pas de signe que les organes ou le cerveau aient été retirés, ni de signe de malnutrition sur les os. On ne sait pas comment le corps a été trouvé. Il a été donné au cabinet scientifique de Santa Cruz vers la fin du XIXe siècle ou le début du XXe, et il est entré au musée archéologique en 1958.
À quoi servent maintenant les corps
L'os porte déjà l'âge, le sexe, la taille, les blessures et les dents. Les tissus mous portent davantage. Depuis 2019, le musée a fait des scanners sur des corps choisis et des crânes momifiés, y compris les trois de Madrid, et le travail est encore en cours de rédaction. Un scanner sert à regarder sans couper. Les mêmes machines montrent aussi ce que les musées plus tardifs ont fait à un corps : supports, comblements, anciennes réparations. Une personne morte il y a plusieurs siècles peut être examinée dans un scanner d'hôpital. Cela n'en fait pas un objet. C'est pourquoi le débat sur l'exposition n'est pas seulement scientifique.
Le MUNA a des corps complets et un plus grand nombre de fragments. Il n'a pas de total de toutes les personnes jamais déposées dans une grotte. Le pillage a jeté le contexte. Certains corps sont entrés dans des collections jamais inventoriées. Certaines grottes n'ont peut-être pas été trouvées. Cinq retours documentés, face à une dispersion de plusieurs siècles, sont une petite réparation.
Si vous y allez
L'endroit pour voir cela correctement est le MUNA de Santa Cruz, dans les salles funéraires guanches. Vous serez devant de vrais corps, y compris l'enfant d'Adeje, et devant la réplique de l'homme qui est encore à Madrid. Ce n'est pas une exposition de tombe égyptienne. Ces personnes vivaient dans les ravins et regardaient la même montagne. Les grottes devaient les garder. La collecte les a dispersées. Ramener ne serait-ce que cinq chez eux est la partie inachevée de l'histoire.
FAQ
Les Guanches faisaient-ils des momies ?
Certains corps ont séché dans la grotte. D'autres ont été préparés, un procédé appelé mirlado : lavés, traités, séchés en environ deux semaines, et enveloppés de peaux de chèvre ou de mouton. Les scanners n'ont pas montré de retrait habituel des organes ou du cerveau.
Où est la momie guanche la mieux conservée ?
L'homme du Barranco de Erques est au Museo Arqueológico Nacional de Madrid. Il a quitté l'exposition publique en février 2025 et il est en réserve. Tenerife demande son retour depuis 1976. Le MUNA expose une réplique.
Combien sont revenus à Tenerife ?
Cinq que le musée peut documenter : deux de Necochea, en Argentine, le 2 septembre 2003, et trois de l'Universidad Complutense de Madrid en février 2011.
Y a-t-il un enfant ?
Oui. Un enfant d'environ sept ou huit ans, du Barranco del Infierno à Adeje, daté entre 1264 et 1401, est dans la collection du MUNA. La fiche indique le sexe comme possiblement masculin.
Où puis-je les voir ?
Au MUNA, le Museo de Naturaleza y Arqueología, à Santa Cruz de Tenerife. Les salles comprennent des corps humains conservés. Allez-y en le sachant.
Sources de vérification des faits
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